Histoire d’Aire-sur-la-Lys, et des guerres ayant fait rage sur la ville fortifiée

Les portes d’Aire et de Saint-Omer ainsi que le Fort Gassion, entre autres, sont autant d’éléments architecturaux pouvant témoigner de l’époque antérieure au démantèlement d’Aire-sur-la-Lys, amorcé en 1893. La cité fortifiée, nichée entre le territoire flamand et l’Artois, était jadis fortement disputée ! Elle s’apparentait alors au village des irréductibles gaulois, à la différence près que sa population répugnait… A devenir française !




La charte des liberté à Aire-sur-la-Lys

A l’instar de Saint-Omer, l’histoire de la commune débuta réellement au IXème siècle. A l’époque aux mains du comte de Flandre, ce dernier œuvra pour le développement de la ville autour du castrum dont la fonction était de résister à l’envahisseur normand. Le patrimoine architectural, ne se résumant alors qu’à l’église abbatiale et l’imposant château comtal, ne se développa qu’au XIIème siècle, concomitamment à l’essor des libertés communales, concrétisées par la « Charte de l’Amitié ».

Le culte de Notre-Dame Panetière à Aire-sur-la-Lys

Alors qu’Aire figurait parmi les plus importantes villes flamandes, celle-ci dût, en 1213, faire face aux attaques du comte Ferrand de Portugal. Les airois purent résister au siège et à la famine grâce à l’arrivée providentielle d’un convoi de grains tenant de l’intervention divine ! Ainsi naquit le culte voué à Notre-Dame Panetière…

Aire-sur-la-Lys: du comté d’Artois au duché de Bourgogne

Peu après, la carte des pouvoirs se redessine et Aire se retrouve sous le joug du comté d’Artois dont elle constitue une solide place forte… Pour preuve, durant la guerre de cent ans, l’inexpugnabilité de ses remparts découragea les anglais !

En raison de noces arrangées, Aire se vit par la suite rattachée au duché de Bourgogne, avant d’être occupée par la France à la fin du XVème siècle, pendant… 17 ans seulement ! En effet, pour des raisons stratégiques, le territoire fut rapidement remis à la Maison des Habsbourg contrôlant les Pays-Bas bourguignons (devenus ensuite espagnols). Les Airois, très hostiles aux français, sont ainsi comblés de joie, à plus forte raison que l’empereur Charles Quint confirmera leurs libertés.

Aire-sur-la-Lys contre la France: une longue et rude bataille séculaire

Mais la France voulut bien vite remettre la main sur le trésor de guerre, situé à deux pas de la place forte de Thérouanne, Les combats reprirent alors de plus belle, sans succès pour le camp français qui assista, à son grand dam, à la disparition de la « capitale de la Morinie ».

Le bailliage d'Aire-sur-la-Lys - Architecture
Le bailliage d’Aire-sur-la-Lys – Architecture

Une accalmie se fait ressentir au début du XVIIème siècle mais l’on se prépare toujours au combat en construisant notamment un nouveau corps de garde (l’actuel bailliage d’Aire-sur-la-Lys). Ce ne fut pas une vaine initiative : la France entra en guerre contre les Pays-Bas espagnols et 25000 hommes assiégèrent la commune en 1641… Les 2000 combattants airois durent se rendre, non sans avoir infligé au préalable des pertes considérables au côté français ! La victoire fut de courte durée… Les Airois, résolument déterminés, reprirent la cité, ou plutôt, les décombres de cette dernière… Mais une fois remise sur pied, la ville revint rapidement dans le giron français, suite aux attaques supervisées par le stratège Vauban qui entreprit aussitôt le renforcement des défenses. Néanmoins, la cité repassant en 1710 aux mains des hollandais ne deviendra française qu’après la signature du traité d’Utrecht, en 1713…

Hôtel de ville, mairie d'Aire-sur-la-Lys
Hôtel de ville, mairie d’Aire-sur-la-Lys

Difficile d’imaginer aujourd’hui ce passé tumultueux, ponctué de sièges et de féroces combats ! En résumé, si la devise « Que trépasse si je faiblis » convient à Godefroy de Montmirail, celle-ci aurait toute sa place sous le blason d’Aire-sur-la-Lys !

Auteur: Jérémie FLANDRIN

Article paru dans le magazine Audomarwouah de mars 2016

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