Bergues est une petite commune fortifiée de 4000 âmes, située au coeur du Blootland et renfermant dans son enceinte mille et un trésors.
En arrivant à Bergues (ou Bergues-Saint-Winoc, de son nom complet) par la porte de Cassel, notre chemin croise la statue de la vache, rappelant aux bons souvenirs les Berguois de l’emplacement de ce qu’était la place du marché aux bestiaux.
Entre ces murs datant des années 800 (Vauban ne fit que consolider les remparts), l’esprit flamand est partout ! Il suffit de poser son regard sur le collège Saint Winoc à l’architecture typiquement flamande ou de tendre l’oreille pour savourer la mélodie de Reuze Lied, jouée par la cinquantaine de cloches contenues par le beffroi.
Tiens, parlons en du beffroi : haut de 48 mètres, il surplombe la ville et joue ses mélodies marquant l’heure, la demi-heure ainsi que le premier et troisième quart, grâce à son carillon automatique. Le carillonneur, quant à lui, régale autochtones et touristes de son talent le lundi de 11h à 12h. Ce beffroi, tour de guet typiquement nordiste, a été reconstruite en 1961, suite à un incendie en 1940, résultat de l’opération allemande « Dynamo » et un dynamitage en 1944.
Le beffroi ne fut pas le seul monument berguois à subir les outrages de la guerre. Pour preuve, plus de 60% de la ville fut détruite qui nécessita de nombreuses restauration.
C’est le cas pour l’église Saint-Martin, superbe Hallekerque (Eglise hall à trois nefs égales), restaurée à la fin des années 50, en omettant, toutefois, de conserver l’intégralité du plan initial du monument. Néanmoins, cette église reste superbe et permet encore d’admirer ses vestiges (transept sud (classé Monument Historique), portail sud, chevet et quelques superbes vitraux).
Près de l’église Saint Martin se dresse le mont de piété, aujourd’hui musée, construit par Wenceslas Cobergher entre 1630 et 1633. Ce sera le dernier à être construit en Flandre avant le décès de l’architecte. Dessinée selon le fameux nombre d’or, briques, pierres blanches et sable ont été les matériaux essentiels pour sa construction.
Le Mont de Piété
Le mont de piété désignait à l’époque un organisme de prêt sur gage, visant à faciliter le prêt aux plus démunis. Ce terme provient de la mauvaise traduction en français de l’italien monte di pietà, “crédit de pitié ». Pour l’anecdote, l’architecte à l’origine de ce superbe bâtiment de type renaissance, est également à l’origine de l’assèchement du marais des moeres, sur la frontière franco Belge, situé près de la commune de Hondschoote.
Plus loin dans la ville, sur le groenberg (mont vert), nous pouvons contempler ce qu’était l’abbaye saint-Winoc avant sa destruction lors de la révolution. Cette abbaye a été érigée en 1022 par les ducs de Flandre en mémoire à Saint Winoc, envoyé par Saint-Bertin et Audomar de Sithiu (Saint-Omer) pour fonder une abbaye de bénédictins à Wormhout, non loin de Bergues.
Les vestiges de l’abbaye se résument à deux tours : la tour pointue, d’une part, marquant l’emplacement de la façade de l’abbatiale et la tour carrée d’autre part, posée à la croisée du transept de l’ancienne abbaye.
Une autre curiosité de Bergues, les remparts, encerclent la ville depuis son origine. Aujourd’hui, 5 portes permettent d’accéder à Bergues :
– Porte de Bierne
– Porte de Dunkerque
– Porte d’Hondschoote
– Porte de cassel
– Porte aux boules
Les fortifications comportent également 5 tours :
– La tour des Couleuvriniers,
– Le Nekestor,
– La tour Guy de Dampierre
– La Tour des Faux Monnayeurs
Bien que Bergues soit une commune flamande (et non pas ch’ti), le célèbre film de Dany Boon a choisi pour théatre cette ville, et nous pouvons découvrir certains clins d’oeil, au fil des rues et ruelles berguoises.
Il est également possible d’admirer au pied de l’hôtel de ville le buste de, , élu député de Bergues en 1833. Le géant assis au pied du beffroi, nommé « l’électeur de Lamartine » vient rappeler ce passage de la vie du poète.
Pour en savoir plus :
www.bergues.fr
http://www.bergues-tourisme.fr/visitez-bergues/les-fortifications.html