A Binche, en Belgique, le jour du carnaval, des centaines de Gilles envahissent les rues au son des mélodies traditionnelles et des tambours pour fêter le mardi gras.

Ceux-ci distribuent traditionnellement des oranges à tout un chacun. Jadis, du pain et des pommes étaient lancés à la foule, les agrumes étant hors de prix.

L’histoire, les origines des Gilles de Binche

Pour certains, le Gille serait apparu pour la première fois dans un cortège d’accueil pour Charles Quint en 1549, organisé par sa sœur, Marie de Hongrie. Cet incroyable et somptueux cortèges représentait alors les conquêtes de l’Espagne mais aussi du Pérou, terre des incas. C’est ainsi que les habitants de Binche, endossèrent des habits colorés, des chapeaux à plumes et défilèrent au son du tam-tam afin d’imiter le peuple péruvien. L’un d’eux, prénommé Gil, se serait fait remarquer.

Pour d’autres, le Gille serait le descendant de traditions anciennes où processionnaires et danseurs parcouraient les rues pour écarter la faim, la maladie et les malheurs, ainsi que la mauvaise saison. L’organisation des gilles, leur balai (ramon) de fagots à la main, nous laissent encore aujourd’hui distinguer des traditions propres aux rites ancestraux. Les Gilles chassent l’hiver et annoncent le printemps.

Le Gille pourrait représenter enfin un personnage se révoltant contre le directoire de la première république française (à cette époque, la Belgique était annexée à la France) interdisant le port du masque.

Les Gilles de Binche -Antonio Ponte Creative Common – Flickr

Le costume traditionnel du Gille

Le costume de Gille proviendrait d’un personnage de théâtre inspiré de la commedia dell’arte. Il est cousu et loué par un louageur binchois. Ainsi, aucun gille ne possède son propre costume.

Ce costume de gille est composé d’une blouse et d’un pantalon en toile de lin, tous deux rassemblant 150 motifs de feutrine divers (blasons, couronnes, lions héraldiques.) aux couleurs du drapeau belge. Cette blouse est fourrée à la paille pour former une bosse. Le Gille porte également un masque d’Arlequin en toile de cire (breveté et ne pouvant n’être produit et porté qu’à Binche), une collerette, des sabots en bois, des manchettes et des fioritures blanches pour le bas du pantalon ainsi qu’un chapeau à plumes. Certains peuvent ne pas avoir de chapeau, mais portent une barrette blanche maintenue par un mouchoir noué.

Le gille porte également à la taille l’apertintaille, sorte de ceinture de laine rouge à cloches, ainsi qu’un grelot sur la poitrine.

Pantalon et corbeille des Gilles de Binche

Le port de ce costume traditionnel est très réglementé. Il ne peut être porté que par un homme binchois ou un habitant de Binche ayant résidé au moins 5 ans au sein de la commune. Il demeure interdit de porter ce costume un autre jour que celui du carnaval, tout comme il est interdit de sortir des limites de la ville ainsi vêtu. C’est pourquoi il est courant d’affirmer que « les gilles ne se déplacent jamais ».

Le mardi gras au matin, le gilles tient dans sa main un « ramon », petit balais fabriqué à partir d’un fagot de branches, et l’après-midi, un panier tressé empli d’oranges qu’il jette à la population.

Chaque année, toujours plus de gilles

Nous l’avons remarqué précédemment, n’importe qui ne peut pas devenir Gille. De plus, chaque Gille finance la location de son costume et achète ses oranges… Une tradition onéreuse qui valut les paroles d’une chanson binchoise populaire selon laquelle « Le petit jeun’ homme de Binche dépense en une semaine le revenu d’un an ».

Pourtant, le nombre de Gilles ne cesse de s’accroître !

Le carnaval de Binche et ses Gilles sont donc indéniablement des traditions bien ancrées, ainsi qu’un patrimoine vivant, reconnu par L’unesco.

Sources: www.carnavaldebinche.be




Laisser un commentaire