Les chapeaux verts, une tradition audomaroise (Saint-Omer)

Quand les couvre-chefs se mettent au vert

Germaine Poulain, vous connaissez? Non? Née en 1889 à Saint-Omer, elle deviendra très rapidement une véritable célébrité… Ce nom ne vous évoque toujours rien? Un autre indice alors: celle-ci gagna sa notoriété grâce à son talent d’écriture, dès son premier roman, édité en 1921. Dernier indice: mariée à un certain Albert, notre illustre audomaroise signa l’ensemble de ses œuvres de son nom marital… Oui, vous devinez juste! Il s’agit, bien sur, de Germaine Acremant!

Les oeuvres de Germaine Acremant sur Amazone

Son ascension dans le monde de la littérature fut en effet fulgurante dès son premier coup d’essai, « Ces dames aux chapeaux verts ». Soulignons que plus d’un million cinq cent mille exemplaires furent vendus, le tout traduit en 25 langues… Des chiffres à faire tourner la tête!

Ce roman met en scène quatre «vieilles filles», les sœurs Davernis, rythmant leurs journées à coup de tâches ménagères et d’offices à la cathédrale. Inutile donc de préciser que chaque imprévu, aussi insignifiant soit-il, s’apparente pour elles à un événement extraordinaire! Evidemment, cet événement ne va pas tarder à survenir, venant perturber à jamais la vie insipide des demoiselles: l’arrivée de leur cousine parisienne, Arlette! Sans chercher à gâcher la surprise (pour ceux qui ne connaissent pas encore l’histoire, attention, spoiler!), nous pouvons avancer que l’aventure s’achèvera par une publication des bans! (Voire plusieurs?)



Un brin provocateur et innovant pour son époque, «Ces dames aux chapeaux verts» connaitra, cinquante ans plus tard, une suite intitulée «Chapeaux gris, chapeaux verts». Quel plaisir de retrouver nos héros, plongés dans de nouvelles aventures et tribulations! Pour les sœur Davernis, point de changement… Hormis l’une d’entre elles, ayant pu se dégager de ce carcan familial. Celle-ci se l’avoue volontiers, d’ailleurs: «Evadée… Je suis évadée! On ne peut plus m’appeler comme elles: dame au chapeau vert!» Le décor est planté, il ne vous reste plus qu’à vous procurer une édition et à la savourer, cet automne, au coin du feu!

Le festival des chapeaux verts à Saint-Omer

Outre ce best-seller et vingt-neuf autres romans, notre icône audomaroise a donné naissance à une véritable institution à Saint-Omer! Dès l’année 1964, fut lancé le festival des chapeaux verts! Abandonnées durant de longues années, les festivités reprirent de plus belle en 2014. Ce 21 novembre, le top départ de l’édition 2015 sera marqué par un défilé ainsi qu’un concours de chapeaux, ouvert à tous! L’occasion de descendre du grenier les panamas, melons, hauts-de-forme et autres galurins remisés afin de les « customiser ». Vous pourrez également, durant neuf jours, profiter d’une exposition dédiée à la vie de l’artiste et sa chère « hutte d’acajou»! Vous aurez enfin le plaisir d’assister ce 22 novembre à la représentation théâtrale des Faubourgeois, propulsant sur les planches les quatre sœurs Davernis, l’espiègle Arlette et leur entourage!

 

Du 21 au 29 novembre, bien d’autres animations sont prévues au programme, consultable sur le site Internet de la ville de Saint-Omer!

Avis aux collectionneurs: les archives concernant Germaine Acremant, la famille Poulain et le premier festival (1964) seraient les bienvenus afin de compléter l’exposition!

Article paru dans le magazine Audomarwouah de novembre 2015

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