Découvrir les lieux de pouvoir du Pas-de-Calais

 

Ils se dressent majestueusement au cœur de nos cités et incarnent l’autorité communale, étatique ou judiciaire. Ces lieux de pouvoir fascinants, regorgeant de secrets, nous invitent à la contemplation… Ce mois de mars sur Wéo, l’émission « Au cœur du patrimoine » présentée par Jérémy Allebée, nous propose une singulière traversée du Pas-de-Calais qui nous plongera dans les arcanes du pouvoir et nous ouvrira les portes du « saint des saints » de nos communes !




L’hôtel de ville et le beffroi de Calais: une oeuvre architecturale en… Béton armé!

Débutons cette excursion en nous rendant à Calais. Il fut un temps où la cité de la dentelle ne comptait que 15OOO âmes avant de fusionner en 1883 avec sa voisine, Saint-Pierre. Ce mariage fut en quelque sorte symbolisé par l’hôtel de ville de Calais réalisé par le dunkerquois Louis Debrouwer, qui sut mêler audacieusement le style renaissance et flamand pour concevoir la monumentale bâtisse et le beffroi que nous connaissons tous. Cette audace, transparaissant au travers de la richesse des ornements, tient également  de la structure innovante pour l’époque, conçue en béton armé. Ce matériau, simple d’utilisation et bien moins onéreux que la traditionnelle pierre de taille, permit de dégager suffisamment d’économies pour financer les aménagements intérieurs.

L’hôtel de ville du Touquet-Paris-Plage

Partons plus au sud, en direction du Touquet-Paris-Plage. La célèbre « Perle de la Côte d’Opale »s’est détachée de Cucq en 1912. Il fallut ainsi ériger un hôtel de ville digne de la fringante station balnéaire et de l’avenir radieux qui se dessinait pour celle-ci. Ce fut de nouveau Louis Debrouwer qui se chargea de ce projet, épaulé par Pierre Dobrecq. Leur inventivité a donné naissance à un édifice remarquable et très  éclectique! En effet, alors que son beffroi et l’emploi de la pierre de Baincthun affirment le caractère régionaliste du bâtiment, le style anglo-normand, si cher à la commune, y est également présent. A l’intérieur, nous retrouvons de l’Art déco, mais également des éléments néogothiques ou de style Tudor, mettant en exergue la somptuosité de chacune des salles. Soulignons pour l’anecdote que cette grandiloquente « maison du peuple », inaugurée en 1931, fut intégralement financée par les seules taxes prélevées sur une année de recette du casino !

Le Bailliage d’Aire-sur-la-Lys, financé par un impôt sur l’alcool

En matière de financement insolite, évoquons également le bailliage d’Aire-sur-la-Lys, dont la construction fut permise en 1600 grâce à un impôt sur la bière et le vin ! Cette bâtisse de style renaissance flamand, construite à l’image de l’ancien hôtel de ville d’Amsterdam, impressionne avec sa façade richement décorée et ses arcades. Initialement destiné à servir de corps de garde, le bâtiment fit office à plusieurs reprises de tribunal pour le bailli, d’hôtel de ville provisoire et de commissariat de police, avant d’abriter l’Office de Tourisme.

Le Palais épiscopal, préfecture d’Arras

Dernière escale de notre aventure : Arras. La « cité des Atrébates » renferme en son sein un palais épiscopal dont les origines remontent à 1770. L’édifice reconstruit en 1836 suite à un incendie, présente de nombreuses similitudes avec l’hôtel Matignon, la résidence du Premier ministre… Ce Palais, comprenant initialement les appartements de l’évêque, revint dès 1800 au préfet. Napoléon Bonaparte souhaitait en effet attribuer au nouveau garant du pouvoir déconcentré, des bureaux dignes de ses fonctions…

Jérémie FLANDRIN

Article paru dans le magazine Audomarwouah, Airewouah et Hazebrouckwouah de mars 2016

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