Hazebrouck, ville flamande chargée d’histoire

Hazebrouck signifie, en néerlandais « le marais aux lièvres » (Haas – Broek). Ce nom serait dû au fait que cette ville, comprenant pas moins de 22.000 habitants aujourd’hui, n’était autrefois qu’une plaine isolée et marécageuse, évangélisée par Saint-Eloi au VIIème siècle sous le règne de Dagobert. Avec son architecture, sa taille et son esprit flamand, celle-ci est considérée comme étant la capitale du coeur de Flandre. Découvrons sans plus tarder les lieux touristiques, le patrimoine et l’histoire d’Hazebrouck.

Histoire d’Hazebrouck

Malgré les deux guerres mondiales successives,Hazebrouck a su conserver un certain cachet : les monuments touchés par les bombardements furent restaurés voire reconstruits à l’identique, tandis que quelques quartiers ont eu la chance de traverser l’épreuve du feu sans la moindre égratignure. En témoignent certaines façades restaurées grâce au leg de Louis Warein, notable et maire de la commune décédé en 1865.


Eglise Saint-Eloi Hazebrouck_GF_1
L’église Saint-Eloi,plus vieux monument de la ville (XVème siècle) est dotée d’une tour de 39.5m abritant un carillon à 35 cloches. Une flèche ornait autrefois l’église avant que celle-ci ne fut détruite par les bombardements.

Jardin public d'Hazebrouck_GF_1

Le jardin public, remplaçant l’ancien cimetière, jouxte l’église tout comme le beguinage fondé par l’abbé Lemire, comprenant son propre musée. Hazebrouck possède également deux autres églises plus récentes: l’église Notre-Dame, détruite en 1945 et reconstruite en briques rouges, se caractérisant par son campanile (clocher séparé du corps de l’église) ainsi que l’église du Sacré-Coeur, inaugurée en 1912.

Beguinage Hazebrouck_GF_1

Ancien béguinage de l’Abbé Lemire

 

Mairie Hazebrouck_GF_1

L’hôtel de ville, de style néo-antique avec ses 12 colonnes, construit sous Napoléon Bonaparte. Il vint remplacer le précédent hôtel de ville incendié. L’absence de beffroi (typique en Flandre) et ce fronton ont, à l’époque, surpris plus d’un!

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L’abbé Lemire, ecclésiastique et maire d’Hazebrouck de 1914 à 1928

 

Les géants d’Hazebrouck: Roland, Tisje-Tasje, Toria, Babe-Tisje et Zoon-Tisje

La ville d’Hazebrouck comporte 5 géants:

– Roland d’Hazebrouck

– Tisje-Tasje et sa famille: son épouse, Toria, et ses enfants, Babe-Tisje et Zoon-Tisje

Tisje-Tasje est un personnage semi-légendaire attaché à l’histoire d’Hazebrouck. Tisje-Tasje, de son vrai nom Jean-Baptiste Van Grevelynghe (1765 – 1842) est né à Buysscheure et parcoura les flandres de long en large pour vendre essentiellement des tasses et des pipes de Saint-Omer (il fut surnommé Tisje-Tasje, Tasje signifiant « tasse » en flamand). Il était connu comme le loup blanc et surtout apprécié de tous pour son érudition, ses histoires et ses bons mots, d’ailleurs relatés dans les Tisje-Tasje’s Almanak en français et en flamand.

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Hardifort, un village flamand doté d’une église… sans clocher!

Petit village de 350 habitants situé près de Cassel, Hardifort (Hardevoort en néerlandais) a la particularité d’abriter en son sein une église à Klockhuis, c’est à dire, une église sans clocher, jouxtée par une « maison des cloches ». Celle-ci fut construite « provisoirement », suite à la destruction du véritable clocher. Notons que cette klockhuis est désormais classée monument historique et s’avère être la seule Klockhuis avec celle d’Eecke en Flandre française.

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Eglise d’Hardifort

Le Klockhuis_GF

Klockhuis

Gravelines, ville fortifiée, destination de choix sur la Côte d’Opale

Ville de 12 000 habitants, située à l’embouchure de l’Aa, Gravelines est une ville dotée de 3 kilomètres de fortifications, offrant un parcours de balade très agréable. Ces fortifications médiévales ont connu quelques modifications de la part de Vauban en 1706, alors nommé gouverneur de Gravelines.

Gravelines comporte deux hameaux : Les Huttes, à l’Est et au Nord, Petit-Fort Philippe. Ce dernier s’est développé durant le XIXème siècle et fait désormais office de station balnéaire pour la commune.

A voir, à visiter à Gravelines:

– Le Beffroi de Gravelines, datant de 1825, en réalité troisième tour édifiée sur la place Charles Valentin.

– L’hotel de ville de Gravelines, datant de 1836, a été rénové et agrandi en 1989. A noter que la façade comporte un cadran solaire ainsi que les armes de la ville et que ses sous-sols servirent, non pas de prison, mais de réserve de sel à l’époque de la pêche en Islande.

– Le Château Arsenal, datant du XII ème siècle, constitue une pièce principale des fortifications. Il comporte une poudrière abritant maintenant le musée du dessin et de l’estampe originale, seul musée du genre en France.

– L’église Saint Wilibord de style gothique avec portail renaissance datant de 1598.

– En direction de Petit-Fort Philippe se dresse un petit Moulin à Cage de bois, le Moulin Lebriez

– A l’Est du Hameau des Huttes, la ferme du Grand Colombier datant du début de XVIII ème siècle.

– La citerne militaire datant du XVIIIème siècle

– L’ancienne caserne militaire, la caserne Varenne;

– Le phare de Gravelines datant du XIXème siècle

– La casemate Uxelle datant de la révolution et de l’empire

– La porte de Dunkerque dite « porte aux boules ».

 

Gravelines, ses fortifications et le chenal
Gravelines, ses fortifications et le chenal

 

Le Beffroi de Gravelines
Le Beffroi de Gravelines

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Les remparts de Gravelines_GF

Balade près des remparts

 

Grand-Fort Philippe, visite, découvertes et traditions au sein de cet ancien village de pêcheurs

 

(En néerlandais, Groot-Filipsfort) La commune tient son nom du fort construit au XVIème siècle par les espagnols.

Cette commune de 5300 âmes aurait été constituée vers 1640 par des marins pêcheurs des huttes. Ce village fut séparé en 1812 par un rempart de terre afin d’accueillir les contrebandiers anglais, les smogglers puis d’autres pêcheurs des huttes pour former le hameau de Petit-Fort-Philippe.

La commune de grand-Fort Philippe a acquis son autonomie administrative en 1888.

Blason de Grand-Fort philippe
Blason de Grand-Fort philippe

A voir, à visiter à Grand-Fort-Philippe:

– Le calvaire des marins;

– La maison de sauvetage construite en 1937;

– Le musée de la mer;

– L’église Notre-Dame-de-Grâce.

Photographie du calvaire de Grand-Fort-Philippe

Le Calvaire de Grand-Fort, lors de la procession du 15 août (2013)

Les manifestations et événements à Grand-Fort-Philippe:

Le carnaval, se déroulant le mardi-Gras, en parallèle de la bande de Rosendael. La particularité de ce carnaval consiste à bruler un géant confectionné pour l’occasion, à la fin de la bande, cette tradition remplaçant le lancer de Harengs.

– La procession des bateaux le 15 août, le long du chenal, après la messe. Les bateaux défilent devant le calvaire ou le prêtre fait une bénédiction, avant que les embarcations atteignent la mer pour y jeter des gerbes de fleurs en mémoire des marins disparus.

– La ducasse, organisée la dernière semaine d’août;

– La fête de la Saint-Martin, aux alentours du 10 novembre. Durant cette fête, les enfants défilent munis de lanternes à la recherche de l’âne Saint-Martin.

Les géants de Grand-Fort-Philippe

Grand Fort-Philippe possède également 5 géants: La Matelote, Fiu, Gut, Soeur et Bergur, le géant de l’harmonie Sainte Cécile.

Les spécialités de Grand-Fort-Philippe

Spécialité locale: le cululutte, brioche truffée de raisins secs, à manger accompagné d’un rhum. Pourquoi ce nom? Ernest Clercq, boulanger exerçant au début du vingtième siècle, était surnommé Lulutte et vendait ce type de brioche ronde. La forme spécifique de cette brioche entraina son premier surnom: « cul ». Puis, les ouvriers prirent l’habitude de crier en entrant dans la boulangerie: « Un cul, Lulutte ».  100 ans plus tard, le Cululutte s’intègre parfaitement dans le patrimoine culturel local!

Village de 600 habitants né au XII ème siècle avec l’Abbaye Cistercienne fondée par Saint-Bernard en 1140.

Le village se situe en plein marais audomarois et jouxte la forêt domaniale de Rihoult Clairmarais. Sa position géographique et le cadre qu’elle offre font de cette commune une destination touristique incontournable de l’audomarois.

Eglise Saint-Bernard de Clairmarais_GF

Eglise Saint-Bernard

 

A visiter, à voir sur Clairmarais:

 

– Le marais audomarois, aussi agréable à découvrir, que ce soit à pieds, en vélo ou en bateau. A noter que ce marais est l’un des derniers à être habité et cultivé;

– Plus spécifiquement, la réserve naturelle du Romelaere;

– La forêt domaniale de Rihoult-Clairmarais et le lac d’Archelles

– La grotte Notre-Dame-de-Lourdes;

– Les ruines de l’Abbaye Cistercienne;

– La ferme cistercienne de la cloquette;

– La ferme de l’Abbaye;

– La Grange-Nature;

– L’église Saint-Bernard.

Base lancement V2 Clairmarais_GF

Ancien site de lancement de v2, au coeur de la forêt de Clairmarais

 



Rond-point du rostat clairmarais_GF

Rond-point du Rostat, forêt de Rihoult Clairmarais.

Esquelbecq, village flamand aux multiples curiosités

Cette commune de 2100 habitants est établie sur le bord de l’Yser. Ce fleuve ainsi que la présence de nombreux chênes jadis explique peut-être l’étymologie de la ville signifiant littéralement « rivière aux glands » (en néerlandais :Ekelsbeke).

Maison Esquelbecq_GF

C’est un sympathique village, où se dresse sur la place une magnifique Eglise à trois nefs égales.

Eglise Saint-Folquin Esquelbecq_GF

Eglise Saint-Folquin du 10ème siècle aujourd’hui Hallekerke avec, en contrebas, les préparatifs de la nuit du livre (Esquelbook)

A voir, à visiter à Esquelbecq:

– Le chateau d’Esquelbecq datant duè XIIIème siècle, avec son comlombier, sa conciergerie, ainsi que son jardin à la française;

– Ancien hôtel du baillage place Bergerot, datant de 1615;

– Eglise Saint-Folquin du 10ème siècle, reconstruite en 1978 suite à un incendie survenu en 1976;

– Maison du Bailli rue de Bergues;

– La grange à pans de bois d’Esquelbecq datant du XVIII ème siècle;

– Le site mémoire de la Plaine au bois.

Le réveil de Cassel: la sortie des tambours, une tradition quasi séculaire

Cassel a la particularité d’organiser deux carnavals : le carnaval d’hiver durant le week-end du Mardi Gras et celui d’été, le lundi de Pâques. Alors que la version hivernale s’apparente à un carnaval classique comprenant défilés et danses des géants, le second revêt un tout autre caractère.

 

reveil de Cassel

Au carnaval d’été,  les festivités débutent dès 6 heures du matin ! En effet, les Casselois se réunissent avant le lever du soleil, munis de tambours, cymbales, casseroles et autres crécelles et ce, dans un seul but : réveiller tout Cassel ! Le spectacle laisse sans voix : dans la brume matinale, un millier de carnavaleux serpente les rues tortueuses de la vieille ville flamande, frappant à l’unisson sur leurs instruments. L’ensemble du cortège est dirigé d’une main de maître par le tambour major.

Ce divin tintamarre n’aurait qu’un seul but, préparer Cassel à la fête et à la venue des géants.

Toujours est-il que cette tradition ne laisse aucun espoir aux lèves-tard! Le parcours, bien défini, emprunte la majorité des rues, sans omettre le jardin public, ni la maison de retraite (au grand bonheur des pensionnaires !) avant de finir sur la Grand’Place, où les cafés et estaminets sont pris d’assaut !

Loin de se calmer, Cassel accueille ensuite bon nombre de touristes, venant assister aux diverses festivités de la journée : fanfare jouant à tue-tête, défilés de grosses têtes, danses des géants et démonstration du four merveilleux, qui aurait la faculté de rajeunir les vieux et de redresser les bossus (enfin, selon le docteur Kakiskoff)! Des animations dont les casselois sont friands, se déroulant sur fond de fête foraine !

Inutile de souligner que la ville Cassel, comme tout carnaval, a elle aussi ses chapelles organisées par ses habitants… Ainsi, l’ambiance est maintenue tout au long de la journée, jusqu’au coucher des géants.

Cette dernière animation débutant dès 22 heures, témoigne de tout l’attachement que portent les flamands à leurs traditions ! Certains affirment sans hésiter que cet instant demeure le meilleur du carnaval… Et effectivement, nous avons pu le constater ! Pendant que Reuze-Papa et Reuze-Maman dansent sur la ritournelle du Reuze Lied, la foule est en liesse, chante, crie, danse… Dans cette époque où les coutumes ont la vie dure, un tel attachement aux traditions témoigne de l’esprit flamand !

Quand bien même le but de cet article serait de résumer cet évènement, il est résolument impossible de mettre des mots sur ce que l’on ressent, un lundi de Pâques, à Cassel…

Dunkerque, capitale des Dunes de Flandres, ville à découvrir, riche en traditions

Dunkerque signifie en flamand « Eglise des hauteurs ». Ville portuaire de 91 000 habitants aujourd’hui, elle était la cité de Jean Bart, des pêcheurs et des corsaires. Elle fusionna en 1970 avec Malo-les-Bains et en 1972 avec Rosendael.

La ville fut détruite à 80% par les deux guerres mondiales, ce qui nécessita de nombreuses reconstructions et restaurations.

Dunkerque et ses environs proposent à ses visiteurs de multiples parcs et musées, de nombreux sites et monuments à découvrir. Notons de plus l’événement annuel tant attendu secouant le dunkerquois: le célèbre carnaval!

Mairie de Dunkerque jour de carnaval_GF

Mairie de Dunkerque (Carnaval 2012)

A voir sur Dunkerque :

– Porte monumentale de l’ancien arsenal édifiée en 1686 par Vauban, donnant accés au Parc de la Marine.

– Le beffroi datant de 1440, en réalité clocher-porche abritant quarante huit cloches jouant à la demie la cantate à Jean Bart et chaque quart, des musiques populaires. Le beffroi servit de tour de guet jusqu’en 1940 et fut, jusqu’au XVIII ème siècle la tour de l’église Saint-Eloi.

– L’église ,Saint-Eloi , Hallekerque à cinq nefs, datant de 1450 et édifiée à l’emplacement de la chapelle Saint-Gilles.

– La maison et la tour de l’armateur.

– L’hôtel de ville édifié par Louis-Marie Cordonnier en 1901 et restauré suite aux bombardements de 1940 par son fils, Louis Stanislas Cordonnier.

– Le vieux port, dominé par la tour du Leughenaer (le menteur en flamand),  ce nom provenant d’une fausse alerte donnée par un guetteur jadis. Cette tour a la particularité d’être la seule tour restante parmi les 28 tours que comprenaient les fortifications au XVème siècle. Le vieux port est animé régulièrement par le marché aux poissons.

– La colonne de la victoire auparavant érigée au milieu des dunes jusqu’en 1940, s’élève Place de la Victoire, à la mémoire de la victoire de la bataille de 1793 (bataille d’Hondschoote).

– La chapelle de Notre-Dame-des-Dunes, datant de 1403, édifiée à l’emplacement où l’on aurait retrouvé une statue de la vierge. Elle fut détruite à la révolution mais rebatie en 1815. Elle fut l’objet de nombreux dons de marins échappant au naufrage.


Dunkerque vu de la Citadelle_GF Vue de la citadelle: Nous pouvons apercevoir la mairie de dunkerque, le Beffroi ainsi que la tour du Reuze

 

Les musées de dunkerque:

– Musée des beaux arts

– Musée portuaire

– Musée d’art contemporain

– L’aquarium municipal.

 

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Eglise Notre-Dame-de-Rosendael (Photo prise lors de la bande de Rosendael 2012 – Mardi-Gras)

Le carnaval de dunkerque, une tradition séculaire

Dunkerque, c’est aussi le carnaval ! Bien que de nombreuses communes ont depuis leur propre carnaval dunkerquois, c’est belle et bien la bande des pêcheurs de dunkerque (Visscherbende) qui est à l’origine de cette tradition. La Visscherbende se déroule le dimanche précédant le mardi Gras, suivie de la bande de la citadelle le lundi puis de la bande de Rosendael, cloturant « les trois joyeuses ». Le carnaval dunkerquois était initialement une fête organisée par les pécheurs de morues avant de partir de longs mois en Islande, pour peut-etre ne jamais revenir. Durant ces fêtes, chacun se déguisait. Les hommes empruntaient les vétements de leur femme, et vice-versa. Cette tendance existe toujours aujourd’hui, les hommes se déguisant la plupart en « ma tante » en arborant bas, perruques, chapeaux à fleurs et manteaux de fourrure.

Cf article spécifique sur le carnaval.

Géant : le Reuze (surnommé Reuze papa) pirate scandinave débarqué à Dunkerque au VIIème siècle, devenu défenseur de la ville. Il a pour épouse la  Reuzine Mitche (Reuze maman). Leur union donna naissance à trois enfants, Pitche, Bout’je et Meis’je. La famille est protégée par six gardes du corps.


Les géants de dunkerque_GF

Les gardes de la famille du Reuze

Reuze Papa_GF

Reuze Papa et Meis’je

L’intrigue et les figuemen, des traditions dunkerquoises animant les carnavals!

L’intrigue est une tradition ancrée dans le carnaval dunkerquois…

Il s’agit en quelque sorte d’un jeu, consistant à retirer ou recouvrir tout signe distinctif, à se masquer, à transformer sa voix et  discuter dans les rues avec des personnes que nous côtoyons dans la vie de tous les jours, tout en créant des quiproquos!




Certaines personnes, quant à elles, se couvrent d’un ciré jaune, se dotent d’un masque, et parcourent la bande, une perche à la main, sur laquelle est montée une ligne de pêche avec un wamme (hareng) accroché à son extrémité. Ce sont les figuemen.

Ce nom provient des figuemen, qui, auparavant, se baladaient avec une figue ou une sucrerie accrochée à une ficelle à l’extrémité d’un bâton. Le but était d’une part de jouer l’intrigue, et d’autre part, d’amuser les enfants qui tentaient de happer la sucrerie au passage du figueman.

Bien vite, la tradition évolua. Fut accroché à la ligne un hareng fumé, ou une vieille chaussette contenant un morceau de fromage odorant, dans le but d’importuner les passants!

 

Photographie de figuemen durant le carnaval de Dunkerque
Les figuemen

Ci-après un extrait du carnaval dunkerquois avec une chanson intitulé « figueman »


Quand j’s’rai trop vieux, que j’pourrai p’us arquer
Quand qu’j’rai p’us bon qu’à faire la bande sû l’côté
Quand les masqueloures qui sont sans pitié
D’un coup d’cul au fin fond d’la bande m’enverront dinguer
Avec un manche et un wamme
Je f’rai figue… figue… figueman
Pour avoir l’air moins con, avec mon bâton
J’emmerd’rai les côot’ches, j’leur f’rai sucer mon m’p’tit poisson
Quand mon pagne i’ s’ra plein d’copespèles
Quand mon bât’che i’ s’ra plein d’trous comme d’la dentelle
Quand mes gants à force, d’renverser l’whisky
I’ z’auront p’us d’doigts comme les mitaines à Stablasky
Avec un manche et un wamme
Je f’rai figue… figue… figueman
Pour avoir l’air moins con avec mon bâton
J’emmerd’rai les côot’ches, j’leur f’rai sucer mon m’p’tit poisson

Les trois joyeuses, rendez-vous incontournable des carnavaleux!

Avant les quatre jours de Dunkerque, il y a les trois jours de Dunkerque! Un rendez-vous de carnavaleux nommé « les trois joyeuses », s’étalant du dimanche précédant le mardi Gras, jusqu’à ce fameux mardi! L’événement commence à Dunkerque, avec le célèbre carnaval de Dunkerque ou « Bande des pêcheurs », pour se clôturer par la bande de Rosendael, en passant entre-temps du coté de la citadelle.

Le jour de la bande des pêcheurs

Chapelle de la mairie

Photographie de la mairie de Dunkerque le matin de la bande des pêcheurs.

Chahut avant la chapelle de la Mairie

A Dunkerque, aux alentours de 10 h, un chahut s’organise sur le parvis de la mairie pour l’avant-bande, et surtout pour avoir accés à la fameuse chapelle de la Mairie. Un joyeux tohu-bohu prend forme sous les yeux de Reuze Papa et de sa famille. Les fifres et les cuivres s’en donnent à coeur joie, pendant que les tambours battent la mesure et que les carnavaleux se pressent vers l’entrée, bras dessus-dessous, le nez dans le cle’tche du voisin de devant. Gare aux moins dégourdis, les portes se referment rapidement!  

Chahut oblige, les  quelques 100 marches qui séparent l’entrée de l’hôtel de ville à la salle Jean Bart ne sont parfois pas même foulées du pied par les masquelourds les plus chétifs. Enfin, après l’effort, le réconfort… Comme à l’accoutumée, ici, on ne vient pas pour faire des manières! Tu chantes en prenant un bain de foule, tu saisis une bière qu’on te tend au passage, tu manges un sandwich, et, si tu as de la chance, un morceau de puddings (Prononcez poudingue). Enfin, tu essayes de sortir, avant de faire un tour à la chapelle des pompiers!

 

Bande de Dunkerque

Après s’être restauré en chapelle, vient l’heure de la bande. Dés 15 heures sonnantes, le Tambour Major donne l’ordre à sa clique de lancer le départ. Là, des règles bien précises organisent ce « bazar-ordonné »: Au son des tambours, dès que la musique s’accélère, les carnavaleux, solidement arrimés aux bras des voisins, forment une ligne et poussent la ligne précédente et ainsi de suite, le tout maintenu par une première ligne « d’acharnés », exercant une pression dans le sens inverse! Tout va très vite et la sécurité, surnommée « les chasses-neiges », évacuent manu militari les flemmards inconscients trainant leurs guêtres devant la bande. Au son des fifres, chacun et chacune cesse de pousser, c’est l’accalmie, ou plutôt, le calme avant la prochaine tempête!

Rue de Dunkerque, jour de carnaval.

Rue de Dunkerque, jour de carnaval.

 

Pourvoyeur, du kipper, Delebarre, des homards, Vergriete…

 

Lors de la bande des pêcheurs, ou visscherbende, aux alentours de 17 heures, la foule de masquelourds en liesse se rassemble sous le balcon de la mairie de Dunkerque… De là-haut, la municipalité procède traditionnellement au lancer de harengs fumés (ou kippers). Ce lancer, organisé pour la première fois par la municipalité à l’initiative du syndicat des commerçants dunkerquois en 1962, n’est pas sans rappeler la pêche en Islande et la nourriture des pêcheurs.

Depuis 1990, et jusqu’en 2014, Michel Delebarre jetait également quatre homards en plastique donnant le droit aux chanceux les ayant rattrapés, à de véritables homards à retirer chez le poissonnier du coin. En réalité, ces homards étaient considérés comme des trophées de carnaval et étaient bien souvent jalousement conservés!

Cette tradition est un clin d’oeil à la campagne électorale de 1989, où les partisans de Mr Pourvoyeur, maire sortant de Dunkerque, ont répété le slogan « Pourvoyeur, des kippers! », sous les balcons de l’hotel de ville… Il ne fallut que peu de temps pour les partisans de Michel Delebarre afin de répliquer « Delebarre, du homard ».

Mais comme chacun le sait, le carnaval efface tous signes distinctifs. Dans la bande et dans les bals, point de différence ni de statut social, et encore moins de politique… Les carnavaleux se réconcilièrent bien vite en scandant « Pourvoyeur, des kippers, Delebarre, du homard »!

Cette année là, Mr Delebarre remporta les élections et prit l’initiative de poursuivre cette tradition en guise de clin d’oeil à sa victoire.

Suite à la défaite de Michel Delebarre en 2014 en raison de l’élection de Patrice Vergriete, une question demeurait en suspend pour le carnaval 2015… Que va t-on réclamer? Des frites? Le jour-J, en effet, Mr Vergriete se mit à lancer… des frites, protégées par un tube en plastique, ce trophée donnant droit à un menu moules-frites pour deux personnes, dans l’une des brasseries de la ville! En outre, une frite se distinguait des autres: celle-ci, aux couleurs de Dunkerque, donnait le droit à jeter les harengs du balcon de la mairie l’année suivante!

Photographie de michel Delebarre, lançant un homard dans la foule des carnavaleux.

Le lancé de homard

 

Le rigodon

Suite au lancer de harengs, la bande repart de plus belle, avant de débarquer place Jean-Bart pour le rigodon. Là, la clique monte sur le kiosque à musique et la bande se lance dans un chahut continu d’une heure et demie autour du kiosque. L’ambiance est à son apogée! que l’on soit à l’intérieur du rigodon ou à l’extérieur, le souvenir reste inoubliable! Au sein du rigodon, les tambours et les cuivres résonnent et la mélodie des fifres nous pousse à chanter jusqu’à nous égosiller! Cette épreuve est tout de même réservée aux plus costauds, tant le rigodon est physique… cure d’amaigrissement garantie!

De l’extérieur, le spectacle laisse sans voix: la pénombre, les lumières des kiosques, la musique et la foule, le tout surplombé par un nuage de vapeur émanant des masquelours, offre un tableau des plus surréalistes!

Aprés un dernier tour en chapelle, vient l’heure, soit de rentrer chez soi, soit de partir au bal pour les plus téméraires. Mais attention, il faut garder des forces pour Citadelle et Rosendael!

 

Bande de la citadelle

 

Seconde étape des trois joyeuses (Dunkerque – Citadelle – Rosendael), ce lundi est bien souvent considéré comme un jour quasi férié à Dunkerque. Cette étape nous amène sur la rive opposée du canal, afin de faire la fête du coté du port…

Le même schéma se reproduit: bande, chapelle, rigodon, le tout dans le cadre exceptionnel du vieux port, sans oublier le passage par la rue Cô-Pinard 2, en hommage au célèbre tambour Major Jean Minne, portant ce surnom.

Photographie du paneau indiquant la rue Cô-PinardII

Rue Co-PinardII

Bande de Rosendael

Toutes les bonnes choses ont une fin, voilà le jour du Mardi-gras et le jour de la bande de Rosendael. Une dernière fois avant la prochaine bande le samedi suivant, et en attendant la merveilleuse bande de Malo, profitons une dernière fois des chapelles, de la bande et du rigodon avant de faire diète durant les trois prochains jours!

Photographie en plongée de la bande de Rosendael
La bande de Rosendael
Rues de Rosendael, jour de carnaval
Rues de Rosendael, jour de carnaval