Découverte des kiosques urbains à musique et à danser de la région Hauts-de-France (Nord-Pas-de-Calais-Picardie)

De nombreuses villes du nord de la France sont dotées d’un kiosque à musique, véritable patrimoine festif qui vit le jour à la fin du XIXème siècle, autrement dit, à la « Belle-Epoque ».



Après la guerre franco-prussienne, à l’instar de l’après-guerre en 1918 et les années folles, le temps était venu de passer à autre chose, de favoriser les loisirs, de s’évader et faire la fête ! La musique fit partie de ces petits plaisirs et c’est ainsi que l’on construisit, sur les Grand Place ou au cœur des jardins publics, des kiosques philharmoniques accueillant concerts, kermesses, ducasses…La construction de ces kiosques relevait d’une politique de la troisième république concentrée jadis sur l’unité nationale et le progrès social de la France au travers de l’art et de la musique. Chacun peut y démontrer ses talents et cet espace public offre au peuple un plaisir jusqu’alors inaccessible et désormais gratuit. Pour les communes, le kiosque jouait aussi le rôle de vitrine vantant la richesse culturelle de la ville.

 

Le kiosque du parc de la marine à Dunkerque

 

Cette tendance se poursuivit durant des années, jusqu’au milieu des années 50 et les kiosques qui ne survécurent pas aux deux guerres furent illico reconstruits.

Aujourd’hui, les kiosque sont toujours restaurés dans un but de préservation du patrimoine. Bon nombre ont conservé leur fonction, et certains ont même été créés en ce début de 21ème siècle ! En effet, le dernier kiosque édifié fut celui de fontaine-au-Bois en 2011, par les artisans du village.

Les kiosques à danser de l’Avesnois : des kiosques suspendus

Dans l’Avesnois, certains kiosques présentent une particularité unique : de forme ronde ou rectangulaire, voire octogonale ceux-ci sont suspendus à 2-3 mètres de hauts et sont conçus pour accueillir des groupes de musique pendant que les fêtards dansent en contrebas. Ce sont les fameux kiosques à danser. Pour se jucher sur ces plateformes, les musiciens devaient utiliser une échelle. Celle-ci était aussitôt retirée pour ne pas gêner les danseurs et, selon les anciens, pour obliger les artistes à animer la place jusqu’au bout de la nuit !
Notons que l’Avesnois, outre la trentaine de kiosques à danser toujours présents, recèle également une vingtaine de kiosques à concerts classiques. C’est ainsi que la Thiérache, surnommée « petite Suisse du Nord », concentre à elle seule la majorité des kiosques de la région.

Trois circuits cyclo-touristiques permettent de découvrir ces kiosques, à télécharger sur le site du parc naturel de l’Avesnois. http://www.parc-naturel-avesnois.fr/

Les kiosques et le rigodon carnavalesque

A la fin de chaque bande du carnaval dunkerquois, la clique (comprenez, la fanfare), mène les carnavaleux au kiosque municipal, s’y installe et joue à un rythme effréné pendant plus d’une heure pendant que la bande fait rigodon et chahute autour du kiosque.
La ville de Dunkerque est dotée d’un kiosque, Malo les bains également, comme quelques villes de Flandre maritime. En l’absence de kiosques, les autres communes organisatrices de carnavals n’hésitent pas à monter leur kiosque éphémère.

Retrouvez sur notre guide touristique quelques beaux kiosques de la région !




Laisser un commentaire