Le Pas-de-Calais à la Belle-Epoque

Au sortir de la guerre franco-prussienne et de la Grande Dépression, la France connait une période de renouveau et d’insouciance expliquée par les nombreux progrès sociaux et l’apparition d’une myriade d’inventions toutes plus extraordinaires les unes que les autres : la voiture, l’aviation, la TSF, l’électricité et le cinéma… Alors que Paris s’encanaille avec ses nouveaux cabarets et que la France rayonne plus que jamais sur la scène mondiale suite à l’exposition universelle de 1889, notre région n’échappe pas à la frénésie !
En témoignera l’émission « Au cœur du patrimoine » présentée par Jérémy Allebée, qui consacrera ce mois de mai un reportage spécial « Belle-Epoque », à découvrir sur Wéo!



Histoire du développement de Berck-sur-Mer

Pour parler de la Belle-Epoque dans le Pas-de-Calais, mettons le cap sur Berck, petit village de pêcheurs qui connut une véritable métamorphose lors de la seconde moitié du XIXème siècle. Tout commença lorsque Marianne Brillard, veuve de marin qui soignait les enfants malades grâce à des bains d’eau de mer, fit part de ses méthodes au docteur Perrochaud. Ce dernier entreprit aussitôt des expériences à ce sujet et constata que l’eau iodée de Berck présentait des vertus certaines. Eu égard à cette découverte, un hôpital consacré à l’enfance fut inauguré à Berck en 1869 par l’impératrice Eugénie en personne.

Inutile de préciser que, dès lors, le village devint bien vite une petite station balnéaire très prisée. L’hôpital, le cadre agréable et vivifiant, les plages de sable fin, la baie d’Authie et le spectacle journalier offert par les pêcheurs sur le port d’échouage, sont autant d’atouts attirant les touristes, mais également les artistes.

Naissance de l’école des peintres

En effet, à la fin du XIXème, alors que les peintres américains et australiens envahissent le port d’Etaples, leurs confrères parisiens jettent leur dévolu sur les plages de Berck ! Celles-ci connurent ainsi les plus grands artistes de ce temps : Manet, Tattegrain, Lavezzari, Trigoulet et le maître Lepic, considéré comme le père fondateur de ce que l’on nommera plus tard « l’école de Berck ». Le chevalet posé à même le sable où sur les bateaux, ces derniers immortalisaient les préparatifs des longues journées de pêche, les départs et les arrivées, le tressage des cordes et la fabrication des filets… Autant de scènes de la vie quotidienne sublimées par les ciels et les reflets aux couleurs changeantes de la Côte d’Opale… Le musée Opale Sud de Berck nous propose aujourd’hui d’admirer bon nombre de ces œuvres d’expression impressionniste ou naturaliste, semblables à de véritables reportages.

L’Art nouveau s’invite sur la Côte d’Opale

La Belle-Epoque a également transformé Berck sur le plan architectural, multipliant au sein de la commune les édifices « Art nouveau », tels que de nombreuses maisons, hôtels et villas. Il en sera de même pour la Touquet-Paris-Plage, station balnéaire sortie de sable à la fin du 19ème siècle et détachée de Cucq en 1912…
Peu de temps après, la guerre fit rage de nouveau et mit entre parenthèses les joies et les rêves de chacun. Suite à la signature de l’armistice, l’Art nouveau cédera sa place à l’Art déco et la Belle Epoque aux « Années folles »…

 

Auteur: Jérémie FLANDRIN
Article paru dans le magazine Audomarwouah de mai 2016

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