Un sport séculaire typique du Nord et du Pas-de-Calais : le tir à l’arc à la perche verticale

Le tir à la perche verticale, qu’est-ce que c’est ?

Le tir à l’arc sur perche verticale est un sport traditionnel pratiqué principalement dans le nord de la France, la Belgique et les Pays-Bas. Celui-ci consiste à abattre, à l’aide d’un arc et des flèches, des « oiseaux » (plumes fichées dans un bouchon de bois), reposant sur une grille culminant à 30 mètres de haut environ. Cette grille est supportée par un mât vertical pouvant, par un système de cordes et de contrepoids, être basculé dans le but de recharger la grille en oiseaux. Ce sport est également appelé « tir à l’oiseau ».




Les règles du tir à l’arc à la perche verticale

Chaque type de championnat impose ses règles propres et la valeur des points attribués par oiseau peut différer. Dans l’ensemble, nous pouvons distinguer sur les grilles 5 rangées d’oiseaux, sortes de plumes montées sur des petits cylindres, que l’on doit décrocher avec une flèche. Plus nous montons au sommet de la perche, moins les oiseaux sont nombreux et plus ceux-ci valent des points. Nous pouvons ainsi distinguer les petits oiseaux, les oiseaux inférieurs, les oiseaux intermédiaires, les oiseaux supérieurs et l’honneur, seul et unique oiseau trônant au sommet de la perche. Ce dernier est également nommé «le « papegai ».

Il est coutume que l’entrée dans la compétition est subordonnée pour chaque archer à une mise de départ (un ticket d’entrée somme toute accessible). Abattre des oiseaux permet de regagner sa mise, voire de faire de petits bénéfices.

Origines et histoire du tir à l’arc à la perche verticale

Bien que l’on puisse trouver les prémices d’un tel sport dans l’Antiquité, son histoire aurait vu le jour en Flandre et en Artois au XIIIème siècle, lorsque Philippe Auguste créa sur ces terres des milices d’archers, qui, rapidement, se réunirent en guildes pour s’affronter à l’occasion de tournois. Soulignons que la Flandre et l’Artois formait un immense territoire à l’époque, englobant la Belgique et une partie des Pays-Bas.

La révolution mit fin à ces guildes. C’est au XIXème siècle, lorsque la liberté d’association fut réinstaurée, que les archers se réunirent en sociétés. Dès lors, ce sport ne prit aucune ride !

En 1906 l’Union des Associations des Archers du Nord de la France fut créée dans le but de fédérer  plus de 80 sociétés, soit près de 4000 licenciés !

Culture et traditions au sein des sociétés d’Archers

Les sociétés d’Archers portent encore aujourd’hui des noms liés à l’histoire des archers  et des arbalétriers, tels que Guillaume Tell, Saint-Sébastien le patron des archers, Saint-Georges…

Chaque société s’entraîne au sein de sa ville, sur sa ou ses perches, parfois sur des perches mobiles, montées sur un fourgon. A la belle saison, la période des tournois est ouverte. Chaque équipe organise ses petites compétitions locales et s’affrontent les week-ends, en toute camaraderie.

C’est en effet l’occasion de démontrer son adresse, mais aussi de se retrouver, de festoyer, de partager le repas avec ses voisins, en attendant le top départ. A l’occasion des tournois, bon nombre d’archers dorment sur place. A l’aide de tentes, de caravanes et de tonnelles, les tireurs, toutes couches sociales confondues, montent un camp provisoire où règne un esprit de fête.

Certaines traditions séculaires demeurent au sein de cette « confrérie », et notamment les tournois du roi (Roy) et de l’Empereur. Chaque année, bien souvent le lundi de Pâques, chaque société organise son tir du Roy pour désigner le roi de la société. Durant cette compétition atypique, toutes les grilles de la perche sont démontées à l’exception de l’une d’elles, garnie d’un unique oiseau surnommé le Top ou l’oiseau d’honneur.




Les règles du tir du Roy peuvent varier selon chaque société. Pour bon nombre, le premier qui abat l’oiseau d’honneur devient le roi et devra représenter la société au sein d’une compétition ultérieure nommée « tir de l’Empereur » et rassemblant la totalité des sociétés.

Outre les petits tournois locaux, de multiples compétitions jalonnent l’agenda de l’archer chaque année : le championnat de France toutes catégories, des femmes, des jeunes, des vétérans… La coupe d’Europe où le Nord de la France, la Belgique et les Pays Bas s’affrontent, la coupe d’Artois, la coupe Maritime, la coupe terrienne, les journées fédérales des archers…

Autant de compétitions à la fois insolites et captivantes, tant pour les archers que pour les spectateurs !

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